SOFT MENTORING

Au cours de ma carrière, j’ai fait le constat dans la pratique opérationnelle à différents postes de responsabilité qu’une relation de travail singulière s’est mise en place. Au sein de ces entreprises, dans le rôle de manager d’équipes et d’entités décentralisées, j’ai bâti avec ces personnes des relations professionnelles basées non seulement sur un grand respect qui se sont enrichies au fil du temps en instaurant une dynamique d’engagement collectif et partagé. Celles-ci étaient bien évidemment faites d’empathie, de sympathie mais aussi véritablement de respect mutuel. A telle enseigne que ces personnes ont été aussi de véritables promoteurs de mon action et ont souvent été des « compagnons de route », que j’ai pu pour certains recroiser professionnellement. Souvent dans des moments singuliers, difficultés avec la hiérarchie, changement et évolution professionnels, ou tout simplement au fil de l’eau ils ont été pour moi des mentors. Des mentors spontanés sans réelle obligation ni décision stratégique de l’entreprise, de façon naturelle. C’est en cela que je qualifierai ce mentoring de « soft mentoring ». Pour avoir regardé et analysé mon parcours, ces rencontres ont été déterminantes dans ma vie professionnelle car elles ont généré une motivation, une atmosphère de travail particulière et une dynamique qui ont amené de vraies satisfactions professionnelles. Ces personnes n’avaient aucune raison à priori de jouer ce rôle de dynamique bien spécifique. Il faut aussi souligner qu’elles étaient à des niveaux hiérarchiques similaires au mien, voire des personnes hiérarchiquement situées au dessus de moi. Il se trouve qu’en faisant le bilan rétrospectif, même en ayant gardé des relations avec certains d’entre eux après avoir quitté les postes concernés, je ne les ai jamais remerciées……

J’en ai tiré la conclusion que ce soft mentoring  était bien sûr un « soft skill » à part entière comme on les nomme aujourd’hui. De plus, n’étant pas propre à une décision de l’entreprise et « gratuit », cette qualité n’est en rien une discipline formelle. Il se vit et se pratique, ne s’enseigne pas et ne s’apprend pas….. Cela reste pour moi une des raisons pour lesquelles l’organisation peut générer au sein de son collectif de véritables synergies pour son développement et sa réussite tout en procurant de l’épanouissement professionnel indéniable.

EPILOGUE

En avançant plus encore dans cet exercice de bilan rétrospectif, j’ai aussi relié ce constat à mon propre cas. Il se trouve qu’à plusieurs reprises, des personnes m’ont remerciées pour ce que je leur avais apporté dans leur vie professionnelle (et il se trouve que dans ma vie personnelle, j’ai aussi eu de tels reconnaissances).  J’ai ainsi été interpelé par ces éléments, comme si au fond certains m’avaient à leur manière « mentoré », et que je moi-même je « mentorais » d’autres personnes……

Cet article a juste pour objet d’attirer l’attention sur cette dynamique. On pourrait penser que dans un monde du travail décrit souvent comme complexe, en perpétuelle compétition (interne aux organisations dans ce cas), finalement « une jungle », des liens particuliers peuvent se mettre en place. A mon sens aussi, il faut aussi dire que ces liens ne sont pas établis sur une simple empathie ou connivence pour faire. Elle est, à mon sens, l’expression d’une forme de responsabilité, de respect, du travailler et du réussir ensemble. 

Est-ce un don ? Est-ce une posture, un état d’esprit ? En tout cas ces situations peuvent exister et on voit bien qu’elles ont issues d’une spontanéité, d’un partage, d’opportunités. Elles s’initient sans doute de façon très ténue au démarrage mais se développent chemin faisant, représentant une grande leçon d’humilité mais aussi de dynamique humaine en milieu professionnel.

 

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